Que se passe-t-il lorsque l’on atteint les extrêmes ?

Nous réagissons tous de manière différente lorsque nous sommes soumis aux aléas extérieurs. Dans la vie professionnelle, la pression ou la dépression peuvent vite pousser un collaborateur à prendre des décisions contraires à son comportement habituel. Carl Jung nous éclaire sur le sujet.

Les comportements extrêmes

Carl Jung décrit nos réactions en fonction de 4 grands types. Pour chacun de ces types, les comportements extrêmes varient. Les 4 familles sont :

  • L’environnement de travail
  • L’appréhension de notre environnement
  • La manière de prendre des décisions
  • Notre adaptabilité

Pour chacun de ces types, nous pouvons aller d’un extrême à l’autre, en passant par toute une palette de nuances. Les comportements extrêmes sont souvent déviants ou maladifs. Fort heureusement pour nous, la majorité d’entre nous navigue entre les deux limites. Mais soumis à une pression trop forte ou trop longue, voir oublié ou abandonné, notre comportement peut rapidement atteindre ces limites. Focus !

Notre environnement de travail

Ici, c’est notre capacité à travailler seul ou en groupe qui est mesurée. Parmi nous, certaines personnes préfèrent travailler totalement seules et isolées. D’autres ont besoin de se sentir appartenir à une entité plus grande.

  • Solitaire : Le solitaire, poussé dans ses retranchements, va s’enfoncer plus encore dans son mutisme par effet de protection à l’agression qu’il ressent. Il recherchera l’isolement le plus complet, voire la disparition totale. Un solitaire à qui l’on impose la vie communautaire, va rapidement devenir antipathique, agressif et il retournera cette violence soit vers les autres, soit vers lui.
  • Communautaire :

Dans ces deux cas extrêmes, les symptômes sont soit l’hyper agressivité, soit une forte passivité. Dans le cas de l’agressif envers lui-même, l’un des symptômes visibles peut être les douleurs physiologiques et les maladies invalidantes. Ces comportements peuvent évoluer avec le temps, mais ils changent lentement et jamais un solitaire ne deviendra un fusionnel.

Notre appréhension de notre environnement

Comment percevons-nous le monde qui nous entoure ? écoutez-vous vos sentiments ? Ou suivez-vous votre instinct ?

  • Émotif : L’émotif écoute son corps et son esprit. Il se laisse guider par ce qu’il ressent. Poussé dans ses extrémités, l’émotif peut avoir un comportement totalement irrationnel aux yeux des autres. Submergé par ses émotions, il peut tomber dans le mutisme comme il peut devenir violent.
  • Instinctif : rarement pris en défaut, l’instinctif « voit » les évènements arriver. La plupart du temps il navigue et gère sa trajectoire en fonction de ce qu’il perçoit. Mais soumis à un stress violent ou inattendu, l’instinctif peut se tétaniser, voire perdre tous sens logique et paniquer totalement. Dans ce cas, comme un animal effrayé par les feux d’une voiture, il peut prendre une décision contraire à sa sauvegarde.

Soumis à un fort stress, notre comportement peut devenir totalement erratique et dangereux. Ressentir s’apprend. L’instinctif « pur » ressent ses émotions, mais il les enferme car bien souvent, l’instinctif est un empathe hyper sensible aux émotions des autres. C’est donc un long travail personnel qui doit être mené pour maîtriser ses émotions.

Notre manière de prendre des décisions

Prendre une décision. Nous sommes chaque jour amenés à prendre des décisions plus ou moins importantes. Notre manière de le faire peut être strictement logique comme le sont les Vulcains et monsieur Spock dans Star Trek. Mais d’autres prennent leurs décisions en fonctions de leurs valeurs.

  • Rationnel : Tout est logique, tout s’explique par l’induction. Le rationnel déteste être soumis à un environnement qu’il ne comprend pas. Bombardé au milieu d’une entreprise dont les décisions lui semblent illogiques, voire aberrantes à ses yeux, le rationnel va se sentir désavoué et va se désengager. L’abandon guette, la démission et le manque de volonté gagnent. Au bout du compte et au bout de sa limite, le rationnel prendra des décisions inconséquentes et dangereuses sans peser le pour et le contre. Il créera le désordre et le chaos autour de lui.
  • Croyant : nous avons tous des croyances limitantes. Mais certaines de ces croyances sont de véritables moteurs de l’exploit et de la dynamique. Mais attention, le croyant qui dérive devient un jusqu’au-boutiste.

Exemples historiques et hystériques des croyants

Sir Thomas More, proche du roi d’Angleterre Henry VIII, est un fervent croyant. Il écrit un ouvrage qui restera dans les mémoires « Libellus vere aureus nec minus salutaris quam festivo de optimo statu rei publicæ deque nova insula Utopia ». Mais voilà, le roi décide de répudier la reine pour épouser Anne Boleyn.

Thomas More mourra sur l’échafaud pour avoir refuser de reconnaître la légitimité de la nouvelle reine.
A la même époque, Thomas Cromwell, lui aussi fervent croyant, sera le plus terrible oppresseur des chrétiens soumis au Pape, en les brûlant, les ébouillantant et les écartelant.


Dans leurs derniers retranchements, ces comportements aboutissent à une forme de jusqu’au-boutisme extrémiste, illogique et parfois totalement inhumaine. Le rationnel prêche le chaos et le croyant prétexte de sa foi pour toutes ses exactions. Les croyances sont difficilement modifiables. La logique ne persuadera jamais un croyant et inversement. Ces comportements se modifient peu dans une vie.

Notre adaptabilité

A l’heure où l’on demande aux collaborateurs de faire preuve d’agilité, cela en met quelques-uns sous pression. Les ordonnés aiment tout planifier alors que les bohèmes laissent le temps filer. Nous avons tous une capacité plus ou moins grande à nous adapter, voire à lâcher prise.

  • L’ordonné : dans son extrême, il aime tout contrôler, tout planifier. Il peut prévoir des mois, voire des années à l’avance ses actes. Mais soumis à un environnement changeant, imprévisible, à des retournements incessants, il se sent comme un navire abandonné et malmené par la tempête. Lorsqu’il atteint ses limites, l’ordonné s’arc-boute contre tout changement, il refuse tout, même ce qu’il a l’habitude de faire. Il peut aller jusqu’à saboter son travail pour ne pas avoir à subir les changements qui lui sont imposés.
  • Le bohème :

L’adaptabilité se travaille. Elle n’est pas acquise et s’apprend. Des méthodes adaptées à chaque profil permettent soit d’acquérir de la souplesse, soit de la rigueur. Une personne qui est créative, peu ordonnée et peu rigoureuse, peut utiliser la méthode de David ALLEN « Getting things done » pour compenser ces manques et ne pas subir les désagréments d’une société trop cadrée.

En conclusion

Nos comportements, soumis à de fortes pressions, sont variés et peuvent mener à la violence ou au repli sur soi. Le rôle du manager est de prendre en compte chaque personnalité. Mais attention de ne pas tomber dans les pièges du « Parent normatif » ou du « Meilleur ami ». Nous sommes tous responsables de nos actes et de nos choix. Nous devons les assumer. Le manager est là pour le rappeler et rappeler les règles qui ont été acceptées par tous.

#Cmorel #Formateur #Formation #IntelligenceEmotionnelle #Jung #Management #Manager #Comportements

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.